Paul V, Pape

Pontificat: du 16 mai 1605 au Janv. 23, 1621; né Camillo Borghese, Rome, Italie, sept. 17, 1552. La famille de Camillo était siennoise et a tracé une relation lointaine avec Sainte Catherine de Sienne. Sa carrière ecclésiastique a commencé par des études de jurisprudence à Padoue et à Pérouse. Il est nommé envoyé extraordinaire auprès de Philippe II d’Espagne en 1593 et créé cardinal en 1596 et vicaire de Rome en 1603. Lors du conclave de 1605, bien que le plus jeune cardinal, il est devenu un choix de compromis. Son estime pour le droit en faisait un adversaire indéfectible dans la controverse, mais ne l’empêchait pas de l’indulgence du népotisme. À son neveu, Scipione Cafarrelli Borghese, il donna le cardinalat (1605), un grand nombre de bénéfices et le Secrétariat d’État.

En tant que pape, Paul s’intéressa beaucoup à la ville de Rome. Son nom y est perpétué à travers la chapelle de la basilique Santa Maria Maggiore, où son corps a été enterré

après une inhumation temporaire à St. Pierre, et à travers la Villa Borghèse construite à l’extérieur des anciens murs par son neveu, le cardinal Scipione Cafarelli Borghese. Ses plans pour le renouveau de Rome ont abouti à l’allongement de la nef de Saint-Pierre, à l’érection de la façade (conçue par Maderno), aux ajouts au Palais du Vatican, à la restauration de deux aqueducs et à l’érection de nombreuses fontaines, notamment celles du Ponte Sisto, du Castel Sant’ Angelo et de la place Saint-Pierre. Il établit un entrepôt de céréales pour les pauvres (1606) et pour aider les fermiers des États pontificaux, il établit une agence de crédit le 19 octobre 1611.

Paul, au cours de son pontificat, a été confronté à trois graves problèmes religieux internationaux. Tout d’abord, une résurgence de l’hostilité religieuse entre catholiques et protestants en Allemagne a conduit, en 1618, au début de la guerre de trente ans. Il a aidé à subventionner la Ligue catholique. Puis Jacques Ier d’Angleterre a exigé de ses sujets un nouveau serment qui dénonçait la prétention papale de déposer un souverain. Paul a condamné ce serment le 22 septembre 1606, et de nouveau l’année suivante. Enfin, lorsque la République de Venise a mis en place une politique d’usurpation accrue des droits de l’Église en soumettant un évêque et un abbé à un procès devant les tribunaux séculiers, le cardinal Alessandro Ludovisi, le futur grégoire xv, a été envoyé à Venise pour négocier un règlement. Un interdit fut prononcé sur la ville et l’excommunication infligée au doge et à ses sénateurs du 17 avril 1606 au 21 avril 1607. Les Théatins, les Capucins et les jésuites sont expulsés, mais le reste du clergé ne tient pas compte des sanctions papales et soutient le gouvernement. Le schisme a pris fin grâce à la médiation d’Henri IV de France.

Sous le pontificat de Paul V, le système copernicien a été proposé à nouveau par Galilée de Pise. Principalement en raison de la manière précipitée dont le scientifique remettait en question l’exégèse biblique, les théories héliocentriques reçurent un jugement négatif de la part de la Congrégation de l’Index, le 5 mars 1616.

Parmi les réalisations du règne de Paul, on peut citer la publication du Rituale Romanum le 20 juin 1614 ; l’autorisation d’utiliser le chinois littéraire dans la liturgie des missions chinoises (plus tard suspendue après la création de la Sacrée Congrégation de Propaganda Fide); et l’interdiction du 5 septembre 1607, sur de nouvelles discussions sur des sujets contestés liés à la grâce. Il suivit avec intérêt la croissance de l’Église en Amérique latine, en particulier les réductions jésuites du paraguay. Il donna de nombreux volumes à la Bibliothèque vaticane et, en tant qu’érudit, il ordonna aux ordres religieux d’enseigner à leurs membres le latin, le grec, l’hébreu et l’arabe dans les universités. Il a également fourni des archives pour conserver les documents du Saint-Siège. Paul a promu le culte des saints, canonisant Charles Borromée et Frances de Rome lors d’une double cérémonie le 1er novembre 1610. Il a béatifié Ignace de Loyola et François Xavier en compagnie du génial Philippe Neri et de la mystique Thérèse d’Avila. Le 24 février 1612, il approuve la Congrégation de l’Oratoire fondée par Philippe Neri, et le 10 mai 1613, l’Oratoire français similaire de Pierre de Berulle. Avec son encouragement, la Congrégation bénédictine de Saint-Maurus a été formée en 1618, et le premier couvent de Visitation a été organisé par Saint François de Sales et sainte Jane Frances de Chantal. Paul a également chargé Saint vincent de paul en 1610 de représenter le Pape à la cour du roi Henri IV de France.

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