Paul De Samosate – Encyclopédie

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PAUL DE SAMOSATE, patriarche d’Antioche (260-272), était, si l’on peut attribuer la lettre encyclique de ses opposants ecclésiastiques conservée dans l’Histoire d’Eusèbe, bk. vii. ch. 30, d’origine humble. Il est certainement né plus à l’est à Samosata, et peut avoir dû sa promotion dans l’Église à Zénobie, reine de Palmyre. La lettre qui vient d’être mentionnée est le seul document incontestablement contemporain le concernant et a été adressée à Denys et Maxime, respectivement évêques de Rome et d’Alexandrie, par soixante-dix évêques, prêtres et diacres, qui ont assisté à un synode à Antioche en 269 et déposé Paul. Leur sentence ne prit cependant effet qu’à la fin de l’année 272, lorsque l’empereur Aurélien, ayant vaincu Zénobie et soucieux d’imposer à la Syrie le système dogmatique à la mode à Rome, déposa Paul et permit au candidat rival Domnus de prendre sa place et ses émoluments. C’est donc un empereur païen qui, dans ce différend capital, a finalement déterminé ce qui était orthodoxe et ce qui ne l’était pas; . et la christologie avancée à laquelle il a donné sa préférence a depuis été maintenue comme l’orthodoxie officielle de l’Église. La politique d’Aurélien était en outre en fait une reconnaissance de la prétention de l’évêque romain d’être l’arbitre de toute l’Église en matière de foi et de dogme.

Les érudits ne prêteront guère attention aux accusations de rapacité, d’extorsion, de pompe et de luxe portées contre Paul par les auteurs de cette lettre. Il l’accuse également non seulement de consortium. lui-même avec deux “sœurs” d’âge mûr et justes à regarder; mais de permettre à ses presbytres et diacres aussi de contracter des unions platoniques avec des dames chrétiennes. Cependant, aucun manquement réel à la chasteté n’est allégué, et on se plaint seulement que des soupçons ont été éveillés, apparemment parmi les païens.

Le vrai gravamen contre Paul semble avoir été qu’il s’accrochait à une Christologie devenue archaïque et déjà tombée au second plan à Rome et à Alexandrie..

L’hérésie de Paul résidait principalement dans son insistance sur l’humanité authentique de Jésus de Nazareth, en contraste avec l’orthodoxie montante qui fusionnait sa conscience humaine dans le Logos divin. Il est préférable de donner les croyances de Paul dans ses propres mots; et les phrases suivantes sont traduites du Discours de Paul à Sabinus, dont des fragments sont conservés dans un ouvrage contre les hérésies attribué à Anastase et imprimé par Angelo Mai: I. “Ayant été oint par le Saint-Esprit, il a reçu le titre d’oint (c’est-à-dire Christos), souffrant conformément à sa nature, faisant des merveilles conformément à la grâce. Car dans la fixité et la détermination de son caractère, il se comparait à Dieu ; et s’étant gardé du péché, il était uni à Dieu et avait le pouvoir de saisir en quelque sorte la puissance et l’autorité des merveilles. Par ceux-ci, il a été montré qu’il possédait au-delà de la volonté, une seule et même activité (avec Dieu), et a remporté le titre de Rédempteur et de Sauveur de notre race.”II.” Le Sauveur est devenu saint et juste; et par la lutte et. le travail acharné a surmonté les péchés de notre ancêtre. Par ces moyens, il a réussi à se perfectionner et, par son excellence morale, il était uni à Dieu ; ayant atteint l’unité et la similitude de volonté et d’énergie (c’est-à-dire d’activité) avec Lui par ses progrès sur le chemin des bonnes actions. Celle-ci sera préservée inséparable (du Divin), et héritera ainsi du nom qui est au-dessus de tous les noms, le prix de l’amour et de l’affection qui lui est rendu grâce.”III.” Les différentes natures et les différentes personnes admettent l’union d’une seule manière, c’est-à-dire par la voie d’un accord complet à l’égard de la volonté; et ainsi se révèle Celle (ou Monade) en activité dans le cas de celles (testaments) qui se sont coalescées; de la manière décrite.”IV.” Nous n’accordons pas de louanges aux êtres qui se soumettent simplement en vertu de leur nature; mais nous accordons de grands éloges aux êtres qui se soumettent parce que leur attitude est une attitude d’amour; et ainsi, se soumettant parce que leur motif inspirant est un seul et même motif, ils sont confirmés et renforcés par une seule et même puissance intérieure, dont la force ne cesse de croître, de sorte qu’elle ne cesse jamais de se remuer. C’est en vertu de cet amour que le Sauveur s’est uni à Dieu, afin de ne pas divorcer de Lui, mais pour tous les âges de conserver une seule et même volonté et une même activité avec Lui, une activité perpétuellement à l’œuvre dans la manifestation du bien.”V.” Ne me demande pas que le Sauveur ait une seule volonté avec Dieu. Car de même que la nature manifeste la substance du grand nombre pour subsister comme une seule et même chose, de même l’attitude de l’amour produit chez le grand nombre une unité et une similitude de volonté qui se manifestent par une unité et une similitude d’approbation et de bien-être.”D’après d’autres sources assez attestées, nous en déduisons que Paul considérait le baptême comme un point de repère indiquant une grande étape dans l’avancée morale de Jésus. Mais c’est un homme et non le Logos divin qui est né de Marie. Jésus était un homme qui est venu pour être Dieu, plutôt que Dieu devienne homme. La christologie de Paul était donc de type adoptionniste, que l’on retrouve chez les chrétiens ébionites primitifs de Judée, chez Hermas, Théodote et Artémon de Rome, et chez Archélaos l’adversaire de Mani, et chez les autres grands docteurs de l’Église syrienne des 4ème et 5ème siècles. Lucian le grand exégète d’Antioche et son école ont puisé leur inspiration dans Paul, et il était par Lucian un ancêtre de l’Arianisme. Probablement les Pauliciens d’Arménie ont continué sa tradition, d’où leur nom (voir PAULIcIENs).

Paul de Samosate représentait la marque des hautes eaux de la spéculation chrétienne ; et il est déplorable que le fanatisme des siens et des générations suivantes ne nous ait laissé que quelques fragments épars de ses écrits. Déjà au Concile de Nicée en 325, les Pauliani ont été mis en dehors de l’Église et condamnés à être rebaptisés. Il est intéressant de noter qu’au synode d’Antioche, l’utilisation du mot consubstantiel pour désigner la relation de Dieu le Père avec le Fils divin ou Logos a été condamnée, bien qu’il soit devenu par la suite au Concile de Nicée le mot d’ordre de la faction orthodoxe.

LITTÉRATURE. – Adolph Harnack, Histoire du dogme, vol. iii.; Recueil d’histoire ecclésiastique de Gieseler (Edimbourg, 1854), vol. i.; Routh, Reliquiae sacrae, vol. iii.; F. C. Conybeare, Clé de vérité (Oxford); Hefele, Histoire des Conseils chrétiens (Édimbourg, 1872), vol. i.; Ch. Bigg, Les origines du christianisme (Oxford, 1909), ch. xxxv. (C.F.C.)

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